Toth Kalman Creative Commons License 2000.07.30 0 0 18
Un touriste hongrois a pris l'unique photo de l'appareil en feu - Le Monde
Egy magyar turista keszitette az egyedulallo fenykepet a tuzben levo
gepmadarrol

Bar Reuters titokban tartja, hogy mennyit fizetett a tortenelmi fenykepert
(KISGERGELY bevallasa szerint sokat magyar viszonylatban) a muegyetemi
hallgatonak, jovendo licensekert 15% dij a szokas a fenykepezonek. A Paris
Match, heti kepeslap, 280,000 frankot fizetett a Reutersnek a megjelentetes
jogaert! Miert ennyit egy fenykepert mely mar korbe jarta a vilag napi
ujsagait? MERT EZ A CONCORDE! Tortenelmi kep!

Mis à jour le jeudi 27 juillet 2000

C'EST l'une des règles qui ont forgé la mythologie du photojournalisme :
Quel que soit l'événement, où qu'il se produise, quelle que soit l'heure,
il y a toujours un témoin, un passant, un touriste, un photographe amateur
qui enregistre la scène. » A charge, ensuite, pour les professionnels de
l'image, de récupérer le document. L'accident du Concorde d'Air France,
mardi 25 juillet, vérifie la formule.

Une photographie, une seule, représentant l'avion supersonique juste après
son décollage de Roissy, laissant échapper une longue traînée de feu jaune
et de fumée noire, a fait la « une » de quasiment tous les journaux, en
France et dans le monde entier. Le Figaro s'est distingué en retouchant
l'image (des poteaux enlevés, les couleurs densifiées). « Autant de »unes«,
c'est rarissime », confirme Göksin Sipahioglu, directeur de l'agence photo
Sipa.

Le document du Concorde a été pris par un touriste hongrois. L'agence
Reuters, qui a diffusé l'image, lui a fait raconter son histoire parce que
toutes les télévisions américaines nous ont appelés pour l'interviewer ».
Andreas Kisgergely, 20 ans, était en vacances à Paris avec son ami Szabolcs
Szalmasi, 22 ans. Tous deux sont passionnés d'aéronautique et collectionnent
les photos d'avions. Ils font partie d'un cercle d'amateurs connu pour
courir les aéroports pour prendre des clichés. Il leur arrive même de
planquer » jusqu'à trois semaines dans leur voiture pour photographier des
avions.

FORTEMENT RECADRÉE

Etudiants en ingénierie à l'université de Budapest, les jeunes gens ont
décidé, pour les vacances, de faire halte dans les principaux aéroports
européens. Mardi 25 juillet, ils ont observé les décollages de Roissy et ont
pris cet unique cliché du Concorde, sans téléobjectif. Andreas Kisgergely a
appelé un ami photographe de Budapest, qui l'a dirigé sur le bureau de
Reuters dans la capitale hongroise. Le siège de Londres a été contacté puis
le bureau de Paris. L'image sera envoyée électroniquement aux clients de
Reuters, à 20 h 30.

« Andreas est un garçon très vif et ambitieux, qui ne souhaite pas répondre
aux interviews. L'agence veut le protéger et s'intéresse à son avenir
éventuel de photographe », raconte Ulli Michel, directeur du marketing de
Reuters. Son document est en couleurs, flou, de qualité médiocre. Sur le
négatif, l'avion est tout petit. L'image a donc été fortement recadrée par
l'agence, puis par les journaux, qui ont multiplié les cadrages, du vertical
au panoramique horizontal.

Si la photo est médiocre, sa force de document brut et froid en fait « une
sacrée plaque ». Ce type de photo est rare, donc cher. Selon Ulli Michel,
tous les droits ont été achetés au photographe pour un montant non révélé.
Ce dernier touchera en outre des royalties, habituellement 15 % pour chaque
publication ultérieure.

Pour les magazines, Paris Match a acheté l'exclusivité en France pour 280
000 francs, selon nos informations. L'hebdomadaire a refusé de commenter ce
chiffre, mais Alain Genestar, son directeur général de la rédaction,
explique pourquoi une photo archi-publiée par les quotidiens peut encore
être valide, deux jours après : « Ce n'est pas un accident d'avion, c'est le
Concorde. C'est l'unique photo de cette force, qui restera comme un document
historique. »

Michèle Champenois et Michel Guerrin